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Christ souffrant, sculpture de Louis Brachet

Publié le par Cristina Castello

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Le Christ en acier forgé exposé à la Cathédrale de Gap

 

 

En  2009, j’ai réalisé deux Christ en acier forgé.

La technique choisie pour leur conception s’apparente à « l'art brut », ceci pour conjuguer le mieux  possible, la dureté du matériau avec l'incommensurable douleur du corps de Jésus sur la Croix.

 

Pourquoi avoir réalisé deux Christ symbolisant une telle souffrance?

Il est naturel qu’après avoir effectué  une œuvre porteuse d’un tel message, on veuille en concevoir une autre pour « aller un peu plus loin » dans l’expression souhaitée. Celui présenté ici à la Cathédrale est donc le premier  réalisé.

 

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La vie terrestre de Jésus a été très brève mais d'une intensité inouïe. La richesse de son amour, de son enseignement et son action n'ont d'équivalent que la souffrance qu'il a vécue durant sa passion.

Dans ce don total de soi, Il a atteint l’apogée de L’Amour.  Accepter volontairement une telle mort pour le rachat de nos fautes, ne peut-être que le fruit de l'amour Divin qui dépasse notre entendement, lequel appartient au mystère de la Foi.

 

Les quatre Évangélistes nous donnent certains détails sur ces heures cruciales de la passion de Jésus. On peut approfondir cette réalité en lisant différents mystiques (Brigitte de Suède, Angèle de Foligno, Catherine Emmerich etc…) Toutes ces mystiques, vivant à différentes époques, nous donnent à quelques nuances près, tous les détails des dernières heures de la vie terrestre de Jésus, depuis Gethsémani jusqu'au crucifiement. On ne sort pas indemne de ces lectures !!

 

Personnellement, j’ai découvert la passion du Christ dans ce qu’elle a de plus douloureux, de plus authentique, de plus pathétique aussi, dans la compassion réciproque entre la Vierge Marie et son Fils.

 

Quand on voit l’insoutenable  cruauté infligée au corps divin de Jésus et son comportement durant les longues heures qui ont précédé sa mort, les mots amour, humilité, rédemption prennent toute leur signification. Devant une telle soumission à la volonté du Père on mesure vraiment notre néant devant l’insondable grandeur de Dieu.

 

Alors, j'ai voulu avec mes modestes moyens, exprimer dans la matière, le corps martyrisé du Christ. Je dis bien du corps !! Car je ne pouvais pas exprimer les souffrances de l'Esprit. Comment traduire la sueur de sang? L'abandon de tous ? Le mépris et les injures de la foule ? Comment traduire la souffrance du Sauveur venu pour racheter toutes les âmes et être contraint de se soumettre à la cruauté des impies? Comment traduire la douleur du Fils voyant sa Sainte Mère communier intimement à son calvaire? Tous ces tourments et tant d'autres encore que seul le Christ accepta de supporter pour le salut des hommes, ne pouvaient pas être représentés dans l’œuvre avec l'objectivité qu’elle aurait méritée.

 

Aussi, en réalisant cette œuvre, je savais très bien que je ne pourrais traduire qu'un pâle reflet de la réalité. Mais je voulais également montrer que la glorieuse résurrection n'a pas totalement effacé la Passion Christ qui est toujours crucifié aux quatre coins du monde d’aujourd’hui, partout où sévissent la guerre, l'injustice, le racisme, la faim et tous les autres maux qui blessent son Amour rédempteur.

 

Je me suis souvent posé la question de savoir pourquoi ces mystiques ont eu de telles révélations. Serait-ce pour réveiller notre Foi ? Serait-ce pour nous rappeler, s’il en était besoin, l’authentique sacrifice du Fils de Dieu pour le salut de l’homme ? Ou, est-ce qu’à certaines périodes de l’Histoire, Dieu voulait nous redire : « Vois, mon amour pour toi n’a pas de limite ».

 

Louis Brachet

 

Compte rendu de l’exposition à la Cathédrale

 

 

Le succès de l’exposition du Christ en acier forgé à la Cathédrale de Gap a largement dépassé mes espérances.

Rien que les après midi des 5 et 6 avril nous avons comptabilisé environ 400 visites. Cette exposition fera partie des temps forts de mon parcours professionnel. En effet nous avons eu des échanges très riches aussi bien sur le plan artistique que spirituel. Quelque fois j’aurais aimé avoir plus de temps pour continuer la conversation mais le temps passait si vite… J’ai souvent été surpris de voir combien les visiteurs étaient touchés et profondément recueillis devant le Christ souffrant. J’ai remarqué qu’ils sont nombreux ceux qui ont besoin d’échanger sur le mystère de la Foi et sur tout ce qui en découle. Là, devant le Christ en croix, en ces jours de la semaine Sainte qui couronnait la vie terrestre de Jésus, c’était vraiment le temps et le lieu privilégié pour converser sur la souffrance. Une visiteuse qui n’a pu retenir ses larmes quand je lui disais que le Christ est toujours crucifié …ma répondu

«  Vous avez raison Il descend de la Croix une fois par an, le jour de Pâques »

Nous avons vu plusieurs personnes pleurer, deux enfants m’ont demandé pourquoi ils l’ont tant fait souffrir avant de mourir … une personne âgée nous a demandée la permission de s’approcher de la sculpture, puis elle s’est agenouillée pour l’embrasser avant de prier.

Un autre s’est inquiété de savoir s’Il avait été béni, la personne qui était à coté à répondu  « ce qui compte  c’est l’amour que nous lui témoignons » Nous avons été les témoins de nombreuses scènes de ce genre.

Voilà un bref aperçu des moments émouvants que nous avons vécus durant cette exposition, satisfait de savoir qu’elle à conduit nombre de visiteurs vers un moment de méditation et de prière.

Une ombre à ce beau tableau, l’absence d’Aude-Marie qui aurait tant mérité de   partager pleinement ces moments de grâces. Son humilité a été pour nous une grande leçon… Elle était dans le cœur de chacun d’entre nous.

Nous remercions Monseigneur Jean Michel Di Falco, et le Père Jean Michel Bardet de nous avoir permis cette belle aventure. Le Père Pierre Fournier qui est à l’origine de ce projet, Aude- Marie Lafforgue bien sûr et tous les membres de la commission d’art sacré , toutes celles et ceux qui sont intervenus de près ou de loin pour le bon déroulement de l’exposition. Nous pensons à Jean Paul et Agnès qui ont toujours répondu présent quand nous avions besoin. Un grand merci au Dauphiné libéré, à FR3, à RCF, à Radio D’ci, à Église dans les Hautes Alpes, tous ces supports médiatiques ont largement contribués au succès de l’exposition.

Encore une fois, du fond du cœur, merci à vous tous.

 

                            Nous, Louis Brachet, et Chantal, ma douce compagne qui a joué un grand rôle durant l’exposition.

 

©Œuvre de Miguel Ocampo (en haut de la page)

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