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« Soif » de Cristina Castello: « Éclats illuminés de la parole libérée », par François Xavier

Publié le par Cristina Castello

CRIS_11.jpgÉclats illuminés de la parole libérée

   

La petite sœur de Rimbaud vit à Buenos Aires. Elle est verbe pur. Nom nu de la parole enchantée elle porte en elle le diamant perdu de l’humanité : l’amour. Dans le tourbillon de l’horreur quotidienne d’un monde devenu fou, Cristina Castello persiste à rechercher la beauté dans un éclat de silence. Sortie indemne du déluge de suie qui s’abattît sur l’Argentine à une époque où les militaires crurent que l’armée avait une âme, elle devint journaliste pour travailler à sauver le pays tout en demeurant poète à chaque seconde de vie qu’elle respire à pleins poumons. 

Hispanophone de naissance mais polyglotte de vocation, la voici enfin, présente, dans la langue de Voltaire par ce splendide recueil à la condition humaine dédiée. André Malraux l’aurait accueillie à bras ouverts, elle la messagère d’une autre culture si lointaine en kilomètres mais si présente en parallèle de crépuscules. Poésie bénie de la langue universelle, le mystère de l’eau bleue infinie de mer et Paris, en capitale mystique, ici réunies sous la couverture d’un éditeur du sud au nom de vent, et voilà la boucle qui se referme d’un poète l’autre aux semelles de vent, justement, cet air soufflé pour porter à la criée des chemins de vies les espoirs du cœur des hommes.

Poète aux myriades d’étoiles dans le nuit du monde, Cristina sème les petites graines d’un hymne dédié aux justes, une Neuvième symphonie argentine, prodige de la syntaxe dans le flux et reflux des marées humaines, alors louons notre troisième millénaire qui nous aura apporté, aussi, cet Internet, magnifique toile d’araignée où chaque jour se tissent les amours de demain, espace de liberté et de créativité où je rencontrais la belle argentine un jour de septembre 2003, au détour d’un énième lien qui me propulsa sur son site, extraordinaire sanctuaire du mot juste, de l’artiste innocent épris de justice et d’amour.

Lisons « Soif » comme un naufragé du désert – ce que nous sommes en réalité – et appréhendons cette petite mort qui est plaisir vif à la chute du poème, à la musique du mot juste, au rythme de la ponctuation insolente de vérité. Lisons, lisons et relisons dans la clarté du soleil couchant la glace bleue du poème cristallisé en pages blanches. Lisons l’Argentine sous ses plus beaux atours, aimons-la comme le pays de Borges aussi, mais désormais comme l’ancrage d’une voix d’airain, l’Argentine le pays de Cristina Castello.

 

FRANÇOIS XAVIER

Paris, le 1er juin 2004

 

 

 

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