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Orage, de Cristina Castello, par André Chenet - « Les Citadelles »

Publié le par Cristina Castello

   

      

 

 

Cristina Castello, ou « La Soif de poésie et de beauté »

Par André Chenet

 

 

Présentation d' Orage (BOD Éditions) à La Maison de l'Amérique Latine de Paris

 

Avec un frontispice de Antonio Gamoneda

Une préface de Thiago de Mello

Traduction de l'espagnol par Pedro Vianna

Édition de tête accompagnée d'une combustion de Christian Jaccard

L'édition courante est illustrée avec des reproductions de gravures monotypes  et d'une peinture sur papier de Odette Beaudry.

  

 

   S'il me fallait exprimer en peu de mots l'essentiel d’Orage, je citerais volontiers quelques vers du poète brésilien, Thiago De Mello qui a offert à Cristina une somptueuse préface la plaçant d'emblée parmi ses pairs, dans la grande et intense  tradition de la poésie de langue hispanique:

 

 

            « ...la plus grande douleur

                a toujours été et sera toujours

                de ne pas pouvoir donner son amour à qui l’on

                                                                                   aime

                parce que c’est l’eau

               qui donne à la plante le miracle de la fleur »

 

 

et puis encore cet extrait de son poème « Initiation du prisonnier », paru aux éditions du Cerf en 1979:

 

« ... Amour est une joie

que personne ne connaît : libre et lumineuse

comme les lances du soleil de la révolte ;

amour, et braise, et soudain rose »

 

Cristina, autre « passante considérable » a fait sienne la formule décisive, et on ne peut plus actuelle de Rimbaud: « L'amour aussi est à réinventer ».  Et c'est ce qu'elle fait, au quotidien, sans faillir, sans jamais se décourager, affrontant le désespoir et les inévitables coups du sort avec un Courage inégalable. Ainsi écrit-elle la Révolte inévitable, ce mouvement irrépressible de l'être, en lequel se trouve être la seule réponse conjuratoire plausible et efficace pour affronter les injustices, la bêtise, la haine et l'avidité qui caractérisent le monde humain dévastateur dans lequel nous tâchons tous, plus ou moins inégalement, de SUR-VIVRE, sans négocier une once de notre intégrité et de notre ferveur, nous, les fous de poésie.

 

Écrire et vivre la poésie, sans la moindre séparation entre le dire et le faire, tel est sa profession de foi et « dans un monde où », comme le dit Alain Badiou, « chacun suit son propre intérêt, intérêt érigé en système, en mode de vie, écrire devrait être un don de soi, un oubli de soi ». Le poète marseillais Gérald Neveu nous a légué avant d'en finir avec son existence de loup efflanqué traqué par la misère, cette inépuisable et merveilleuse définition, parmi tant d'autres possibles, de la poésie :

« La poésie c'est sortir de soi pour y laisser entrer les autres ».

 

 Les-Citadelles_sommaire.jpg

                                                                                          Sommaire

 

A tout cela j'ajouterai un extrait de mon poème intitulé « Exil de la poésie », qui m'a été directement inspiré, au sens fort du terme, par les poèmes que j'avais reçu par mails, de Cristina elle-même. A cette époque, je l'avais contactée pour lui demander la permission de reproduire un de ses articles sur la revue en ligne DANGER POÉSIE, et, d'emblée nous nous sommes éprouvés et reconnus. A l'époque où j'ai écrit ce poème (3 septembre 2009), il me paraît nécessaire préciser que je n'avais pas encore pris connaissance d'Orage. En voici le final:

 

 

« La poésie n’est-elle pas l'art

De dénouer des nœuds de serpents

Afin de retrouver le passage perdu de l'éternité ?

Des solitudes s'épousent

Dans les scansions et les fracas du VERBE

Pierre de touche ardente des hautes migrations

La poésie c’est toi femme que sa peau éveille

Femme aux doigts guérisseurs au souffle parfumé

 

Je marche sur des nuages avec un orage à mes côtés

Je me cogne aux cimes titube entre les abîmes

Chaque étoile est un miroir magique où tu te reflètes

Où je me plais à IMAGINER les diversités de ton visage

Ta voix prend forme de poème

Pour libérer tout ce qu’il y a à libérer en nous

Tu deviens sauvage à l'heure de l'action

Tu exiges la beauté pour tous les exilés »

 

Vous aurez compris, je pense, que Cristina Castello nous livre un livre Vrai, essentiel, écrit sur le vif, dans lequel s'expose une passion flamboyante et nécessaire comme est nécessaire la poésie, une passion vitale qu'elle maîtrise jusque dans la fulgurance des métaphores. Voici un livre lyrique, charnel et spirituel, sous le triple signe d'Arès, dieu de la guerre, d'Aphrodite, déesse de l'Amour et d'Orphée le compagnon d'initiation des poètes. 

 

En conclusion, je ne peux m'empêcher de vous donner à entendre ce dicton espagnol ayant probablement son équivalent dans toutes les langues:

"Sin amor no se puede vivir"

 

que je ne peux m'empêcher de compléter par:

"...Sin poesía tampoco..."

 

                                               André Chenet, le 8 septembre 2009 (1)

 

  " Les Citadelles", revue fondée par les poètes Philippe Déméron (Paris) et Roger Lecomte (Nice)
  (1)

 

  http://www.cristinacastello.com  /  http://www.cristinacastello.fr / https://www.facebook.com/cristina.castello3 / https://twitter.com/CrisCastello01

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