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Lettre ouverte aux défenseurs des poètes embastillés

Publié le par Cristina Castello

   alexandre-seon-La-lira-de-Orfeo-1.jpg
  Écrivains empêchés / Écrivains dépêchés
 
Le 4 juin dernier, 13 auteurs, venus d’horizons différents, ont lu des écrivains et des poètes "brimés" dans leurs pays. Mr Jean-Luc Despax, écrivain et Président du P.E.N. club français, représentait Angye Gaona laquelle n'avait pas été tenue au courant de cette initiative fort honorable.
Le 29 mai, Mr Vincent Gimenos-Pons, un des initiateurs en France de cet événement, organisé par le Festival littéraire international de Berlin, m’a envoyé un message intitulé "Angye Gaona"


   
1.-
      
J’ai immédiatement contacté à Angye, en Colombie
Voici sa réponse avec la traduction française en bas 
  
 Message de Angye Gaona :   
 
 
Envoyé : lundi 3 juin 2013 00:09
À : Cristina Castello
Objet : Marché de la poésie

Hola, mi Cristina,
 
Quisiera preguntarte, por favor, a ti que estás ya en Francia qué es esto de la Marché de la Poésie donde se leerán prontamente poemas míos. Yo agradezco todo gesto de solidaridad, pero a veces, me ha sucedido, que se traducen mis poemas y no se me deja conocer las versiones en otras lenguas a las que no tardo en encontrarles errores. Si las versiones que se van a leer en la Marché de la poésie son de las que hizo el Maestro Pedro Vianna, nuestro amigo en común, para La voix des autres, entonces estaría tranquila. Esto por una parte, pues por otra quisiera saber más acerca de quién estará presentando el caso y si esa persona tiene suficiente información y estará actualizado con respecto a este proceso mío que, como tú sabes, es muy delicado. Quisiera saber si conoces al poeta que me leerá pues yo no lo conozco ni he tenido comunicación con él para saber más acerca de esta lectura y es la primera vez que lo oigo mencionar, pues cuando hicimos la campaña con el envío masivo de cartas, él no se hizo presente... recuerdo todos y cada uno de los nombres de los poetas que escribieron a mi juez y no estaba el suyo. Si sabes algo más que pueda yo conocer, te agradezco que me informes, por favor.
Con un abrazo fuerte,
 Angye 
2.
Traduction (rapide) du message d'Angye Gaona :   
 
Salut ma Cristina,
    
Je voudrais te questionner, STP, toi qui vis en France : peux-tu m'expliquer qu'est-ce qu'il en est du Marché de la Poésie où seront lus très bientôt quelques-uns de mes poèmes ? Je suis reconnaissante envers tout geste de solidarité à mon égard, mais il est arrivé que parfois des gens me traduisent à tort et à travers sans que j'en eusse pris connaissance et à chaque fois je trouve des erreurs. Si les versions qui vont être lues au Marché de la Poésie sont celles qui ont paru dans La Voix des Autres et traduites par le Maître Pedro Vianna, notre ami en commun, alors je suis tranquille. D'autre part, j'aimerais en savoir davantage sur la personne qui présentera mon cas et surtout si elle est suffisamment informée et si les éléments qu'elle possède sont actualisés, car comme tu le sais ma situation reste très délicate. Je voudrais savoir si tu connais ce poète qui va me lire parce que moi je ne sais rien de lui et n'ai jamais eu la moindre communication avec lui en ce qui concerne cette lecture. C'est la première fois que j'entends son nom qui ne figurait pas dans la campagne d'envoi massif de lettres (au juge), il n'était pas présent... Je me souviens de tous les noms de chacun des poètes qui ont écrit à mon juge et le sien n'y était pas. Si tu sais quelque chose de plus que je devrais connaître, je te remercie de m'en tenir informée.
Avec un baiser très fort,
Angye  
 
Alexandre Seon lamentation de Orphée« Lamentation d’Orphée », Alexandre Seon
      
   
Ma lettre à Mr Vincent Gimeno-Pons, délégué général du Marché de la poésie,
et à Mr Jean-Luc Despax, Président du P.E.N. club français
   

Cher Monsieur Vincent Gimeno-Pons,
   
      Après avoir lu votre courrier, je me suis demandé quelle était la raison qui vous avait incité à me prévenir au dernier moment de cette lecture en faveur de poètes "empêchés" alors que le programme en était fixé depuis un certain temps.
      J'ai, sachez-le, un grand respect pour les organisateurs du Marché de la Poésie, où j'ai passé, en tant qu'auteure ou lectrice passionnée de poésie, des journées inoubliables.
      Je dois vous confesser que j'ai été attristée de n'avoir pas été prévenue par M. Despax de son entrée en action en faveur d'Angye Gaona, laquelle a été quelque peu "interloquée" comme vous pourrez le lire dans le courrier qu'elle m'a adressé, en date du 3 juin (lire ci-dessous).
      De par mes engagements contre toutes les formes de dictatures et de censures, je me suis retrouvée aux côtés de poètes sud-américains menacés par leurs gouvernements. Les événements tragiques qui ont bouleversé l'Histoire récente de mon pays, l'Argentine, ne pouvaient que me conduire à cette lutte jamais définitivement gagnée à l'avance.
Récemment, j'ai mené deux campagnes au niveau international :
      L'une pour la poète péruvienne Melissa Patino Hinostrosa, dès 2008, et la seconde pour la poète colombienne Angye Gaona, qui venait d'être arbitrairement emprisonnée en janvier 2011.
      Jean-Pierre Faye qui prêtera sa voix à Mélissa, m'avait contactée pour me prévenir et me demander de le mettre en relation avec Melissa afin d'arrêter un choix de poèmes.
      Quant à M. Despax, président du P.E.N. club, il n'a même pas daigné demander une autorisation à Angye Gaona, qui se trouve vivre actuellement une situation extrêmement délicate. J'aurais pu le mettre en relation avec Angye, ou avec son traducteur officiel en français, Pedro Vianna, qui vit à Paris.
     Sur le site du Pen club, nada, rien. D'ailleurs le P.E.N. club français, dont je suis membre depuis 2007, ne s'était guère manifesté dans cette course contre la montre pour désincarcérer Angye Gaona, au point que j'avais dû recourir au Pen club de Londres.       
     D'autre part, M. Despax n'a jamais répondu à notre appel, jamais signé la demande de liberté adressée au juge colombien.
     Qui sont ces joyeux chevaliers poètes allant au secours de la veuve et de l'orphelin sans prendre même pas un des risques les plus minimes qui soient ? Pour sa présentation de l'affaire A. Gaona, il s'est contenté de faire un copier-coller d'un de mes textes (hors contexte si vous voulez bien le relire attentivement) et d'un autre de André Chenet, ce dernier ayant paru dans sa revue La Voix des Autres.    
      Une dernière chose non négligeable : les traductions de Pedro Vianna sont soumises à copyright (une traduction d'un recueil de poèmes fera l'objet d'une publication dans les prochains mois) et les seuls textes d'Angye Gaona autorisés en France ont été publiés par La Voix des Autres.
     Les poèmes d'Angye qui circulent sur internet ont reçu l'aval de leur auteure par mon intermédiaire ou celui d'André Chenet et avaient été publiés au préalable sur mon blog personnel "Poésie et journalisme" (dans la partie consacrée à Angye Gaona) ou sur "Danger Poésie", le site de André Chenet.
      Vous comprendrez certainement qu'il ne s'agit pas pour moi d'accaparer l'œuvre d'Angye Gaona ni de mettre en valeur ma personne ; pour être déjà passée à travers les fourches caudines d'une des dictatures les plus monstrueuses qui soient, je connais le prix à payer par tout un peuple.
      Je réclame seulement un minimum de pudeur, de respect et de savoir vivre. J'espère que vous saurez comprendre le sens humain de ma démarche auprès de vous et des organisateurs de la cérémonie dédiée aux "écrivain empêchés et dépêchés".
      Je vous prie de recevoir, cher Monsieur Vincent Gimeno-Pons, l'expression de mes salutations distinguées.
     Cristina Castello

PS Ce message est également adressé en CCI à Angye Gaona, Pedro Vianna et André Chenet.

***À CE JOUR, Je n'ai toujours pas reçu de réponse
  et ne peux donc répondre aux questions de Angye***
Cristina Castello
   

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Tieri Briet 09/06/2013 10:31


Effectivement, la situation d'Angye Gaona implique qu'un geste public de soutien soit au moins concerté, réfléchi, accepté par celle qu'il est censé défendre. Ne serait-ce que pour des questions
de stratégie et de mise en danger. Que le PEN Club français n'ait pas voulu s'engager à vos côtés, Cristina et André, quand il était urgent d'officialiser un soutien, a de quoi inquiéter sur la
pertinence et la portée des actions du PEN Club en France. L'absence de réponse est d'autant plus inquiétante. Négligence ? Désinvolture ou refus du dialogue ? En tout cas, merci de nous tenir
informés, au fil des mois et des années, sur la situation d'une poète dont La voix des autres nous a révélé toute l'importance.