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Lettre-poème de Kader Rabia à Cristina Castello

Publié le par Cristina Castello

 

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Lettre (poème) écrite par le poète Kader Rabia, à la suite de la présentation d’Ombre de Cristina, à la Maison de l’Amérique latine (Paris)le 6 décembre 2010

 

Lettre fraternelle à Cristina Castello

Kader Rabia

Dans cette intime salle où tes mots ont subitement poussé les murs, un air de liberté a frappé à la porte de l’hésitation. A peine arrivé, tu t’es précipité pour me prendre dans tes bras. D’un geste, d’un seul, tu as rapproché les mystères de Buenos Aires des secrets d’Alger la rebelle enfouis dans ma mémoire.

En ce jour typiquement parisien, ta poésie est venue éclipser le froid et faire danser les cœurs. Au-dessus de ta tête, j’ai vu le  père de Babel sourire et Gabriella applaudir. J’ai vu, accompagnés de tes mots les enfants de Darwich et Khalifé renouer avec la vie. J’ai vu, en un clin d’œil, l’espoir de lutter renaître et le rêve de justice se dessiner.

Je t’écris, Cristina

Pour appuyer ta manière

De perturber les images

Et de modifier un instant

Les contours de l’univers

 

Oui, Cristina

Je t’écris …

Parce que je crois comme toi

Que la poésie …

C’est l’arbre qui dicte

Les mots manquant

Au brouillon des hommes

C’est le petit clair de lune

Sur l’obscur passage

 

C’est le verre vide

Que l’enfant assoiffé

Voit plein et reste sage

 

C’est la poupée idéale

Que la fille excisée

Arrache au manteau des nuages

 

C’est un couple nu

Qui marche lentement

Et illumine la plage sauvage

 

Ou pour simplifier :

C’est deux plus deux

Egal un milliard

De sourires

 

Ou pour clarifier :

C’est la parole

Que ne lâchent les lèvres

Qu’une fois bouillie

Quarante jours

Dans les veines

 

Oui, Cristina

La poésie est souffle quotidien

Qui lit l’avenir

Sans support

 

C’est un mot qui se contorsionne

En allant d’une bouche à l’autre

Donnant ordre

Au silence de se briser

A la peur de reculer

 

C’est une barque faite de rien

Capable de relier les rivages

Et rapprocher l’horizon

 

Ne me remercie pas Cristina

Et ne remercie personne

La poésie n’opère que partagée

Et lorsqu’elle est vraiment là

Les dieux descendent sur terre

Avec des masques de mortels

 

Kader Rabia

Précisions :

L’intime salle : allusion au dernier récital de Cristina Castello, donné à la Maison d’Amérique Latine, le 6 décembre 2010

Le père de Babel : J .L. Borges

Gabriella : G. Mistral

Darwich et Khalifé : Clin d’œil à un texte de Cristina

 

 ©Œuvre de Eduardo Bendersky

Commenter cet article

mohsen zein eddine 28/08/2015 09:31

i have felt freedom and humanity thru her poems

Cristina Castello 31/08/2015 00:02

Merci Mohsen