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La Voix des Autres » n° 6 - « Chemins de Poésie »- André Chenet

Publié le par Cristina Castello

la voix

 

    

 

Pages 1 à 2, Éditorial, par  André Chenet :

À mon sens,
l'attitude d'un poète devrait être
exemplaire par rapport à ce qu'il écrit
et ce qu'il fait. Ce que disait Guy
Debord à propos du public cinéma
s'applique pertinemment aux lecteurs
de la poésie :
"ce public si parfaitement privé de
liberté, et qui a tout supporté, mérite
moins que tout autre d’être ménagé."
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Pages 3 à 6, Dom Corrieras :
 
.../...
Mille fois
Mille ans
Suivis d'un blanc
De douze secondes
Pour que coulent dans nos veines
Les vers sensibles et insensés
D'un troubadour de passage :
"Consir lo joi e oblit la foudat
E fuc mon sen e sec ma voluntat."
"Je rêve la joie et oublie la folie
Je fuis ma raison et suis mon désir."
Pages 7 à 8, Ghyslaine Leloup :
.../...
Tu cherches des mots fiables
Vivants et chauds comme un pouls régulier
Oiseleur ou jardinier
Au plus près des tilleuls
Au plus près des moineaux
Tu déchiffrerais l’envol
Les destins nervurés
La sève ascendante
Mais tu es là entre horloge et monde
Avec tes vieux secrets doucement douloureux
Ta pauvreté et ton élan
L’exil des mots
Calée dans la parenthèse du présent
Comme au coin d’une cheminée
Tu songes aux sureaux de ton enfance
À l’âne amical
A l'autre ciel à portée de paume
.../...

Pages 9 à 10, Albert Anor (Suisse) :
.../...
En ce qui me concerne
je mise – malgré tous les guets-apens -
sur le tranchant absolu au coeur des cascades de la dernière aurore
cicatrice au centre de ton escalier
là où les divinités sont giflées des vagues
et anéanties par ton intuition
d’étoile enchantée
.../...


Pages 11 à 19, Christian Erwin Andersen :
  3 versions du poème Foutu tango
.../...
nous danserons tangos lubriques
et javas obscènes
nos poèmes s'écriront
dans les espaces vides
de la tarlatane
dont se font les livres
qui comptent
quant à vous
électriquement conçues un soir d'orage
giflée par les nuées
mordues par les tempêtes
vous
déesses des pulsions
des mains qui s'égarent
des frictions
sexe à sexe
ventre à ventre
ouvrez à deux battants
dansons sur les berges des fleuves
qu'ils nous emportent au large
nous perdre
et à satiété téter
les douces baleines blanches
leur dérober
un peu d' ivoire des fanons
pour qu'un facteur de pianos habile
restaure aujourd'hui
l'instrument idéal des abysses
dansons
la gigue autour des sources
la gigue
sans mesure ni crainte
et la bourrée
au pied des cascades lumineuses
tandis que le hautbois déchirera
le parchemin
trop sec de nos coeurs
.../...
Pages 20 à 22, Diane Meunier :
.../...
Elle (la pierre ? la rivière ?)
m’a regardée, livide
ne veut pas qu’on se sépare
comme des amants
Je vais là d’où je viens
Je finis par commencer
J’ignore les pendants et les tenants
plus léger qu’un oiseau le « Je »
mon sang se coince dans le pêne
la terre a pris possession de ce que je suis
de fait je ne suis plus
plus qu’un vieux rêve de vie mêlé à la poussière
.../...
Pages 23 à 29 : André Laude
  avec deux poèmes en souvenir d'André Laude
  de Norbert Paganelli et de Serge Mathurin Thebault
.../...
"On demande aux
poètes de mourir au mieux. Au
pire on leur demande de servir et
d’être publié, de chaque année
de sortir un livre d’être propre sur
eux surtout avec leurs enfants et
d’aller en vacances avec leurs
enfants. Voilà la poésie française,
ça va en vacances ça sort ses
gosses, ça vit à côté complètement
à côté des mots qu’ils écrivent.
La trahison absolue des mots
qu’ils écrivent... J’accuse tous
ces poètes de merde de ne pas
transmettre ce message que
Dylan Thomas, Malcolm Lowry,
Ginsberg, et Maïakovski, aussi
Mandelstam ont transmis..."
.../... 
Extrait d'un entretien inédit avec Yann Orveillon
Pages 30 à 33, Emmanuelle K. :
.../...
Trouillo Tancrocq remua faiblement.
Émit un gros soupir, se redressa très lent, ôta son calebouille et inspira
profond.
De ses gros yeux verdâtres, ronds et globuleux il contempla péniblement
le paysage autour de lui.
Où était-il ? Que se passait-il ? Pourquoi cet arbre, là, était-il si
grand ? Comment un arbre pouvait-il être aussi grand ? Celui-ci
mesurait au bas mot au moins trois fois lui !
-PERTE DE TEMPS BRUT ! PERTE DE TEMPS BRUT !
ATTENTION ANGOISSE BIOLOGIQUE ! psalmodiait le
naïon.
Tancrocq sursauta violemment, remit le calebouille et ne bougea
plus.
Le naïon reprit, inlassable :
- PERTE DE TEMPS BRUT ! PERTE DE TEMPS
BRUT ! ATTENTION…
Trouillo mirait enfin la gravitoche de sa situation.
Le pire s’était produit.
Un cas de possible/impossible.
.../...
Extrait de "Psitrouille", livre en cours d'écriture
Page 33 à 49, Cahier Spécial Abdelkrim Kassed (Irak)
avec une introduction de Kader Rabia
.../...
 
11
Ici,
Les cafés sont au nombre des trottoirs
Souvent,
Mon ombre et moi-même
Partageons la même table
Sans souffrir d’impatience
( En attente de qui ? )
Parfois mon ombre me quitte
Et je ne me rends pas compte
( Mais pour aller où ? )
.../...
Pages 41 à 45, Changer la vie : Lukas Stella
   Le mythe économique comme réalité illusoire
  
.../...
Mais la guerre de l'euro n'est pas
encore gagnée. Son écroulement programmé
dépend maintenant de la fin
de règne du dollar. Il pourrait même en
sortir vainqueur si l'union ne se désagrège
pas avant. Son unité n'est plus
soutenue que par une minorité qui
perd du terrain dans une régression
sociale sans limite. Les États Unis,
l'Europe et la Chine ont mis en jeu la
suprématie économique d'un monde
chancelant qui se décompose et part
en miettes. La remise en cause du système
se radicalise mais cherche
encore sa place. La partie n'est pas
finie...
« La catastrophe que l’on nous dit d’attendre
est déjà advenue ».
Guy Debord, Lettre à Annie Le Brun,
1992.
Quand tous les détails confirment un
fonctionnement d’ensemble, l’imbécile
expert n’y voit qu’une succession de
détails bien séparés. Le spectacle est
l’unité fictive, perdue et oubliée, de ce
monde fragmenté,
.../...
Pages 47 à 48, Salut l'artiste
  Présentation de Jean-Paul Ducarteron,
  artiste et poète 
.../...
Jean-Paul Ducarteron est également poète, slameur
et performeur. L’exigence absolue et l’excellence
de son travail en ont fait l’artiste “phare” de ce numéro de
La Voix des Autres. La couverture et ce modeste portfolio
lui sont donc naturellement consacrés. Dom Corrieras

Pages 49 à 53, A lire, A découvrir :
- Joan-Luc Sauvaigo
Compendi derisòri dau desidèri
Compendium dérisoire du désir, par Dom Corrieras
-Tahar Bekri, "Au souvenir de Ynus Emre"
- André Laude, "La Légende du siècle"
-Tristan Cabral, "Juliette Le chemin des immortelles"
- Lettre à Tristan Cabral de Pierre Mayer-Dantec 
- "Dans le corps du poème", non-spectacle de poésie de André Chenet

Pages 54 à 56, Pierre Godo
.../...
cicatrice du ciel
l'homme porte un soleil-fou dans son dos
la parole dit la mort la vie
à marée haute
même avec du sable dans la bouche
.../...

Pages 57 à 59, Pedro Vianna
  "Le stade Chili"
.../...
Dans la caserne, les prisonniers sont plaqués au sol, frappés puis interrogés
sommairement. Après l’interrogatoire, une petite mise en scène fait croire à Vianna
que son heure vient de sonner. Ce n’est pas le cas. Il est finalement mis dans une
grande salle à l’aspect d’amphithéâtre, où sont assis en tout quelque quatre-vingts
hommes surveillés par une vingtaine de soldats armés. Les femmes sont détenues à
part. La nuit du mardi et la matinée du mercredi s’écoulent sans que rien n’arrive.
Les prisonniers ne reçoivent aucune nourriture. Lorsqu’un soldat accepte de les
accompagner aux toilettes, ils peuvent boire l’eau du robinet.
.../...
De temps en temps, quelques autres prisonniers sont
introduits dans la pièce. L’un de ces nouveaux venus est une
vieille connaissance de Pedro Vianna. Ils avaient souvent manifesté
côte à côte pour soutenir le gouvernement. Il s’agit du
chanteur, auteur et compositeur Victor Jara. Ils se racontent les
conditions de leur arrestation, et Jara dit être surpris de ne pas
avoir été trop maltraité. Au moment où il avait été pris, il avait
reçu quelques coups de crosse, dont un avait provoqué une
petite coupure sur le visage, mais un pansement recouvrait la
blessure. Leur conversation dure seulement quelques minutes,
car un officier arrive et appelle quatorze prisonniers présents
dans la salle : treize — dont Jara — qui ne faisaient pas partie
du groupe des trente-cinq et le garçon chez qui Vianna et ses
amis avaient été arrêtés.
.../...

Pages 60 à 63, Pascal Perrot :
"Écoute la voix triste des morts
Elle parcourt les vertèbres de lignes à haute tension
Elle est ce grésil insinuant
À l'autre bout du téléphone
Ne t'attends à rien de spectaculaire
Comme dans ces films d'horreur de seconde zone
Qui ont forgé en toi des peurs sans conséquence
Et t'ont fait oublier l'autre, moite, viscérale
Écoute la voix triste des morts
Elle s'attarde dans le liquide
De la machine à café
Et tu trouves soudain le café plus amer
.../...

Pages 64 à 69, Didjeko
Journal de guerre
.../...
Chaque soir, quand tombait le vent
en chute libre
des ailes ramassées aux bords d’attaque coupés
net
et projecteurs plissés comme des yeux de chat
jusqu'au ciel les yeux
machines à broyer
Ptérodactyles
hurlants
le temps collé à la peau
impact
***
Ici la guerre arrive par vagues
elle déferle
comme un cracheur de feu déborde
Volutes de fumée
ptérodactyles
un coup de foudre
pour en découdre
il suffira de frôler le monde des soldats à l'âme de
       [ boue
.../...
Page 70, 3 poèmes en hommage à Didjeko
Pages 71 à 73, Christine Tréguier
   Poésie-fiction 
Singularité 3
 
Dépassés par la complexité et l'entropie du monde, les scientifiques capitulèrent.
A bout d'idées, ils décidèrent de passer la main à quelques androides.
Sur Wikipedia, ils tirèrent leurs noms au sort : K. Dick, Artaud, Captain Trip,
R.D. Laing, Erasme, Dali, Warren Ellis et autres hurluberlus réputés.
Une fois achevés les simulâcres presque parfaits de ces artistes hors normes,
ils les installèrent dans une quelconque banlieue et les observèrent.
Les robots-clones se comportaient, à peu de choses près, comme leurs originaux,
leurs « cerveaux » n'étant que l'échantillonnage habile d'un corpus d'écrits et de dits.
Leurs comportements étaient erratiques, imprévus, parfois délirants,
parfois mutiques. Certains arpentaient la ville en quête d'on ne savait quoi.
Ils s'engeulaient avec brio, et jamais ne répondaient aux questions posées.
Fascinés, les scientifiques oublièrent le monde et restèrent à écouter les fous parler.
 
 
Pages 74 à 75, Danger Poésie
  avec des poèmes de André Chenet, Jean Joubert, Kader Rabia
et Agnès Schnell
 
 
Page 77, Miguel Ángel Sevilla
  Coplas en français
.../...
Il y a la guitare
Du corps qui te parle
Et puis dans les branches
Les notes du vent
La fleur du silence
La rose trémière
Des champs en jachère
A l’heure de l’hiver
Je suis comme on prie
En toi comme on rêve
A la brise tiède
Qui frôle ton corps
Je crois que demain
Parmi les possibles
J’irai invisible
Aux bras de la mort
.../...

Page 78, Jean Revol
"Crépuscule" reproduction d'un dessin au fusain
obra.JPG

Pages 79 à 80, Le coin des Haïku :

.../... 
Jour de paresse __
Comptant sur un coup de vent
pour tourner la page.
Damien Gabriels
 
.../...
 
Des vols de canards
visibles sur fond de ciel
la mer les efface.
Gérard Le Gouic
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La Voix des Autres est éditée par le Collectif autonome DANGER POÉSIE

 

 

 

 

 

 

Commenter cet article

Indiasong 20/11/2013 14:51


merci

Cristina Castello 21/11/2013 01:57



Merci à toi !  Très bon ton blog
Cristina