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Cristina Castello: « La parole étoilée », étude de la poésie de CC à l'Université Paul Valéry

Publié le par Cristina Castello

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De gauche à droite, Cristina Castello, Flaviano Pisanelli et Pascal Gabellone

 

 

Extrait d'une étude sur la poésie de Cristina Castello, effectuée par Pascale Gabellone, poète et professeur émérite de l’Université Paul Valéry, Montpellier III, le 17 mars 2011.

Journées internationales : Pour une poésie de l’utopie : Écriture, frontière, migration

 

 

La parole étoilée. Sur la poésie de Cristina Castello

 

         

         La réalité, sans l’énergie disloquante de la poésie,                qu’est-ce ?

         (René Char, Pour un Prométhée saxifrage)

[...]

Parole d’hospitalité et d’exil, de lointain et de proche, la poésie de Cristina Castello convoque les éléments et les forces de la nature, une nature non pas sauve mais à sauver, ainsi que les éléments et les forces de l’histoire : chez elle, les éléments brûlent mais ne laissent pas de cendres, le monde se perd, les lieux se réinventent de leur mort et de leur vie nouvelle, mais quelque chose fleurit au fond de l’expérience du désert. À ce titre, la poésie est une forme de résistance qui, tout en entrant en dialogue avec le non-humain, lutte contre l’inhumain. Elle doit pouvoir sauver la fragilité de l’amour, l’exil de la parole et le silence auquel elle s’arrache : « La parole – ce silence égaré », dit Cristina dans un poème récent, qui s’intitule précisément « La Parole » (du recueil Ombre, Éditions Trames, 2010).

La floraison au milieu du désert, qui nous évoque le grand Leopardi de la « Ginestra », renvoie aussi à l’expérience extrême d’un autre grand poète, Paul Celan, qui écrit dans « Corona » (Pavot et mémoire) :

Il est temps qu’un caillou s’adapte à fleurir,

[...]

Il est temps que le temps soit.

Il est temps.

   Peut-on dire, aujourd’hui encore, que la poésie est « floraison » ? N’est-ce pas là une manière de retomber dans une vision « mièvre » du fait poétique, alors que cette poésie, celle de Cristina Castello, semble « crier », s’exposer au grand vent du large, aux « orages » du monde ? Pourtant, la poésie « fleurit ». Quand elle le peut, selon son mouvement propre et son destin épocal. Lorsqu’elle existe, se donnant, selon le mot de Maldiney, “hors de soi”, elle est l’apparaître même. C’est cela que la langue, toute langue historiquement et culturellement située, doit pouvoir porter jusqu’à l’écoute et à la possibilité du sens. Prenant appui sur le défaut inhérent au langage, porter à la lumière la parole. Avec tout son poids d’ambiguïté et d’ombre, sous le signe oxymorique de l’affrontement des contraires, ou de leur coexistence. Encore Cristina : « Le mot peut être une croix ou une fleur. » (Tourbillon)...

                                                                                              Pascal Gabellone

 

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