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Frontispice de Antonio Gamoneda pour «Orage », de Cristina Castello- Bilingue

Publié le par Cristina Castello

chris-paris-10-decembre-09-003_GAMONEDA.jpgAntonio Gamoneda avec Cristina Castello à Paris, le 10 -12-09

 

« Cristina »
poème de Antonio Gamoneda pour Cristina Castello

Dans l’équilibre mortel des équinoxes, quand surgissent les apparitions sanglantes et
qu’on n’entend que la plainte des chiens.
Quand les oiseaux se suicident au lever du jour et que les étamines de la douleur enserrent le
désespoir,
alors, les animaux pensifs s’en vont vers des pays bouleversés. Là les attend un train qui conduira au tombeau leur coeur sans gants.
Tous les calices convergent en toi qui demeures accrochée au murmure des astres et donnes
à boire au porteur du vertige et au rossignol assoiffé de lumière.
Tu l’as dit ; tu as écrit la vérité jaune sur le papier déchiré par les mères : un
peloton de bourreaux poursuit les jasmins ; tu l’as dit, tout en berçant doucement
une colombe morte et alors que des bandes de jacinthes poignardent l’indifférence.
Toi, messagère de syllabes noires, tu gardes la souffrance universelle sous tes paupières
et tu séduis les serpents et les alouettes aveugles ;
tu portes en toi le chiffre de la miséricorde, tu es rouge et solaire et tu te prononces avec des
larmes qui, lentement, sillonnent tes veines.
Tu es une âme vêtue de silence et tu célèbres le feu car tu es ivre de lumière
et une émeute de violons incessants émane de toi
pour couvrir la plainte, la plainte, la plainte.
Tu es la mer en éveil qui s’épanche sur le coeur du berger,
tu es l’orage et l’amour, tu es la serge bleue
plongée dans la source de l’injustice.
Jamais tu ne sauras le vol des géométries,
jamais tu ne poseras tes yeux sur les insectes de la peur.
Tu vas étendre tes mains sur les ultimes plaies.
En toi,
“adieu” — dit la douleur d’une voix déchaussée.

 
* Les mots ou les phrases en italique sont de Cristina Castello et figurent, dispersés, dans le texte original du présent recueil.

Traduit de l'espagnol par Pedro Vianna

Antonio-Gamoneda-avec-Cristina-Castello-a-Paris_decembre-.jpg

 

« Cristina »   
por Antonio Gamoneda para Cristina Castello

 
En el equilibrio mortal de los equinoccios, cuando se manifiestan las apariciones sangrientas y
sólo se oye el llanto de los perros.
Cuando los pájaros se suicidan al amanecer y los estambres del dolor envuelven la
desesperanza,
entonces, los animales pensativos se dirigen a países inversos. Allí les espera un tren que
llevará a la tumba su corazón sin guantes.
Todos los cálices convergen en ti que permaneces asida al murmullo de los astros y das de
beber al portador del vértigo y al ruiseñor sediento de luz.
Tú lo has dicho; tú has escrito la verdad amarilla en el papel desgarrado por las madres: un
pelotón de verdugos persigue a los jazmines; lo has dicho mientras acunas dulcemente a
una paloma muerta y bandadas de jacintos acuchillan a la indiferencia.
Tú eres portadora de sílabas negras, guardas el sufrimiento universal bajo tus párpados
y seduces a las serpientes y a las alondras ciegas;
tú llevas en ti la cifra de la misericordia, eres roja y solar y te pronuncias en lágrimas que,
lentamente, surcan tus venas.
Eres un alma vestida de silencio y celebras el fuego porque estás ebria de luz
y un motín de violines incesantes se desprende de ti
para cubrir el llanto, el llanto, el llanto.
Eres el mar insomne que se derrama sobre el corazón del pastor,
eres la tempestad y el amor, eres la sarga azul
sumergida en el manantial de la injusticia.
Nunca sabrás el vuelo de las geometrías,
nunca abrirás tus ojos a los insectos del miedo.
Vas a extender tus manos sobre las últimas llagas.
En ti,
“adiós” — dice el dolor con voz descalza.

* Las palabras o frases que aparecen en letra cursiva pertenecen a Cristina Castello y aparecen, dispersas, en el original de este libro.

 

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