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Cristina Castello: une fervente poétesse axiologique x Ariel Madrazo- La Nación

Publié le par Cristina Castello

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« Soif », de Cristina Castello

  

Dans la première des deux préfaces qui inaugurent ce recueil bilingue espagnol-français, François Xavier définit les poèmes assemblés comme « les petites graines d’un hymne dédié aux justes ». Dans la deuxième, Oscar Barney Finn souligne le désir véhément de beauté, auprès des « frémissements d’une humanité chaotique et injuste ». Le couple justice-injustice apparaît, évident, dans ces deux affirmations. Il y a aussi l’alliance entre l’introspection et un état d’alerte fervent, vis-à-vis du vertige, des utopies, des déchirements et des douleurs de ce qu’on appelle la « réalité » ; la délicate vigueur-je me permets de remarquer ici la valeur de l’oxymoron- d’une subjectivité qui fait du destin du prochain sa propre substance. Tel que dans la célèbre ligne du Français Jacques Roubaud : « Où es-tu : /qui ? ».

 

c publi-01Journaliste largement reconnue, Castello a versé dans ces poèmes-traduits en français par Raquel Chazqui- deux facettes inséparables : le refus profond de l’horreur qui inonde la planète, et la défense à outrance de la beauté, l’amour et la liberté. Des attitudes qui s’unifient dans tout amour authentique, et de manière idéale dans celui du couple, même si parfois il perd l’une de ces qualités qui le rendent possible, comme le souligne Ricardo Dessau, au dos du livre, dans son texte adressé au public gaulois. Les illustrations de Antonio Seguí, et même leurs titres, renforcent la proposition poétique. Ainsi, « Si on était plus sages » est suivi du poème « Muros », qui déplie cette hypothèse. : « Si l'on pouvait parler / De nous. / Sans vouloir gagner Sans se défendre Sans nier. […] Si l'on était plus savant / Et pitoyable. / Toi avec ma vie/ De semailles de lutte de Poésie./ Moi avec la tienne/ De cohérence de lucidité et de fuite.… ». Le premier poème « Soif gorge sable » (dont le dessin dans l’espace nous rappelle une coupe), renvoie à une syncope haletante, à une soif ou un Néant germinal : « Soif d'orphelins hurlants/ Soif de pluie dans l'horizon… ».Pour la poétesse, la Beauté est un devoir, « on n’est pas né pour des rêves dévastés, ou pour tomber accablée de quotidienneté et d’urgence » ; l’humain est un mot qui résiste. « Qu'on ne nous fasse pas de la nuit l'aube. ». Mahler, Fauré, Chopin, Picasso, Lorca, Eluard, Celan, León Felipe, Redon, Yeats, Beethoven, Rilke…Castello module leurs noms comme si elle invoquait une Lumière, avec un « U » comme Utopie. Car « Art s'écrit avec U,./ La vie se recrée sur U,/ La poésie existe à cause de l'U,… » . L’originalité de la diction pour dire le sensible : « Pièce de théâtre de l'épouvante/ On la voit tous les jours / À la ville capitale des tours prétentieuses ». Un don de synthèse remarquable aussi dans un poème à l’amour universel, poème profond malgré le rythme très véloce : « Derrière toutes les fenêtres / Du monde / Ils s'aiment. / Seuls toi et moi / Nous ne nous aimons pas / Parce que nous nous aimons ».

 

Jorge Ariel Madrazo

Journal «LA NACIÓN », Supplément de Culture - Bibliographie

Buenos Aires, le 15 /05/2005
Lien à l'article , ICI

Texte traduit de l’espagnol (Argentine)
Le montage de la image en dessus a été fait à partir d’une de mes photos à moi et d’une œuvre de Eduardo Bendersky
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Site: http://www.cristinacastello.com / Blog:  http://www.cristinacastello.fr / https://www.facebook.com/cristina.castello3 / https://twitter.com/CrisCastello01 

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