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Cristina Castello & André Chenet : Soirée inaugurale en poésie

Publié le par Cristina Castello

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Cristina Castello & André Chenet : Soirée inaugurale en poésie

 

Première présentation de « Secret poème » et « Le chant de sirènes »

Vendredi 29 juin au TranArtcafé d'Antibes

 

 

C'est durant une soirée caniculaire dans la galerie d'art du TransArcafé à Antibes que Jean-Michel Sananès, directeur des éditions « Chemins de Plume », a présenté sa nouvelle collection « Un Poète/ Une Voix » inaugurée par les recueils de poésie El canto de las sirenas/ Le chant des sirènes de Cristina Castello et Secret poème d'André Chenet.

Ces livrets au format carré ont la particularité de receler dans le dos de leurs couvertures doublée à cet effet, un CD audio permettant d'écouter des auteurs récitant l'intégralité de leur recueil. Jean-Michel Sananès caressait ce projet  depuis fort longtemps et s'est décidé à le concrétiser en écoutant, lors d'une rencontre poétique, Cristina Castello dire des poèmes de Federico García Lorca en langue castillane.
La lecture à haute voix d'un poème lui donne une dimension pour ainsi dire tactile et ouvre des perspectives dans la complexité foisonnante même des sens et des images contenus, parfois jusqu'à ce que se propage une partition de frissons. Après un court débat avec les auditeurs et pour entrer dans le vif du sujet, André Chenet a demandé à Jean-Michel Sananès de lire un de ses poèmes issus de Accident de conscience, troisième livret à paraître dans cette nouvelle collection.
Cristina et André ont immédiatement pris la suite puis ont présenté la revue La Voix des Autres. Ils ont lu des poème d'Angye Gaona, poète colombienne à qui est dédié le Cahier central du dernier numéro,  et du jeune poète chilien Rodrigo Verdugo Pizarro, reconnu comme une des étoiles montante  de la fougueuse poésie latino américaine actuelle. Pour conclure en beauté cette rencontre  on ne saurait plus ardente, Ile Ineger, poète et co fondatrice de « Chemins de Plume » nous a lu un poème publié dans « Les femmes en poésie », n°3 de « La Voix des Autres ». (André Chenet)

 

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Cristina Castello & André Chenet

 

 

Cristina Castello, extrait de « Le chant des sirènes /El canto de las sirenas »

 

« Nous »

           à André Chenet 

 

Aimer

C’est secouer toute ramure

Se désabriter Se déposséder

Être noyau, substance, entité

Aimer c’est refonder l’enfance

 

Tel un orphelin de pain

Délaissé comme la vie

Audacieux comme la mort

Tel le chevalier errant[1]

Tel un Christ sans genoux

Tel l’homme qui marche[2]

Toi, mon homme

Tu m’arrivas

Nous nous arrivâmes

 

Peut-être est-ce profane de s’aimer dans la chute

Il y a tant d’Êtres affamés de rêves

Tant d’hommes qui pleurent pour quelque miette

Il y a tant de cimetières

Le monde est une horde obéissante 

Seuls les ventres gonflés par la faim

Et les enfants non nés se rebellent

 

Mon amour

Nous sommes deux fleurs aux pieds nus sous la neige

Sans autre habit

Que le spasme cardinal de la racine

Notre racine

 

Nus comme en hiver les yeux des oiseaux

Nous sortons de la nuit.

                         
 

        Traduit du castillan (Argentine) par Pedro Vianna



[1]Référence à Don Quichotte

[2]Référence à L’homme qui marche vers un monde meilleur, de Alberto Giacometti.

 

 

« Nosotros »

            A André Chenet

 

Amar

Es sacudir todo follaje

Desabrigarse Desposeer

Ser núcleo, sustancia, entidad

Amar es refundar la niñez

 

Como un huérfano de pan

Desamparado como la vida

Audaz como la muerte

Como el caballero andante*

Como un Cristo sin rodillas

Como el hombre que camina**

Vos, mi hombre

Me llegaste

Nos llegamos

 

Acaso sea profano amarse en la caída

Hay tanto Ser famélico de sueños

Tanto hombre que gime por una miga
Hay tanto cementerio

El mundo es un pelotón de obedientes

Sólo los vientres henchidos de hambre

Y los niños no nacidos se rebelan

 

Mon amour

Somos dos flores descalzas bajo nieve

Sin más ropaje

Que el espasmo cardinal de la raíz

Nuestra raíz

 

Desnudos como en invierno los ojos de los pájaros

Desatardecemos

                            

* Referencia al Quijote

** Referencia a «El hombre que camina»hacia un mundo mejor, de Alberto Giacometti

 

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André Chenet, extrait de Sacré Poème :


1

Je fais avec mes yeux
mes mille yeux du dedans
des tours d’images
L’archange aux multiples visages
en saignant se gausse des madrépores
Rire comme un canard sauvage
des routes goudronnées
qui engluent les continents
ou mentir effrontément
avec l’aplomb d’un conquistador
Choisir son camp
sans éluder le tumulte des cimetières
Il fait chaud dans les cimetières
même en hiver
lorsque la glace brode les pierres
Rire illumine cette nuit sordide
mentir l’abîme à l’infini

2

D’où me répondrais-je
d’une rive à l’autre
déficient déjà à l’orée des pianos ?
Je me déploie avant la fin du voyage
je goûte des fruits mûrs
je mange mes lèvres en me retournant la langue
transmute des mains que je serre
en fervents transports d’être à être
J’habite celles qui me caressent
il fait un temps de pluie d’étoiles filantes
J’étudie des conjectures
plus bizarres les unes que les autres
Je déraille je m’entortille
entre une défaillance et un oubli
qui sait l’harmonie qui s’y retrouvera
car la plaie est profonde
le chagrin la cimente
un chant d’oiseau l’affûte
J’ai perdu une clé d’argent
dans les herbes hautes du printemps


3

Certes j’écris une blessure
qui troue le centre de la page
une blessure noire et or
éclat de système solaire
sur les joues d’une lavandière
Certes j’écris la viande
comme elle se traduit dans les rêves
ou au travers de certains actes
que l’espace ne cache qu’à grand’ peine
J’écris un charabias de silences criants
une métaphore bercée par les clapotis
qui rôdent comme des clairs de lune
au pied des remparts hérissés d’agaves
et de bêtes tropicales voyantes comme du phosphore
J’écris les mélodies honteuses
qui ravagent un cœur d’homme
J’écris avec de la salive et des glaires
les peurs qui m’arraisonnent
Certes je délire d’écrire
écrivant la folie me tord
comme une envie de rire
une envie de pleurer et d’en rire
J’écris les neuf chats qu'est ma vie
la voix qui me dicte ce cauchemar
de ne pas être né d’un ventre de sirène
C’était demain peut-être après demain
je ne saurais prévoir l’expulsion prochaine
Ce matin encore au lever du soleil
je marchais rue de la Harpe
avec mon sac en bandoulière et des pensées heureuses
J ‘ai suivi les bords de Seine
jusqu’à ce que mon destin se rompe
et je me suis retrouvé dans un train pour Istanbul
un train qui s’est arrêté à Marseille
mais Istanbul et Marseille c’est pareil
ça a des relents de mosquées et de Canebière
Du raki ou du Ricard du thé et du haschich
des derviches et des odeurs de Grand Bazar
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© Cristina Castello, André Chenet, Éditions Chemins de plume.
Tous les droits résérvess pour les poèmes
© Pour l'image en dessus (montage des yeux de Cristina Castello sur une œuvre de Leonora Carrington)


livres et CD

 

- « Le chant des sirènes »/ «El canto de las sirenas» - Cristina Castello

- « Secret poème », André Chenet

Livrets au format carré recelant dans le dos des couvertures doublées à cet effet, un CD audio permettant d'écouter l'intégralité des recueils.

PARUTION : Juin 2012

ÉDITORIAL: « Chemins de plume », collection « Un Poète/ Une Voix »

TRADUCTEURS pour - « Le chant des sirènes »: Pedro Vianna  et Cristina Castello

ISBN  « Le chant des sirènes » : 978-2-84954-116-6 

ISBN « Secret poème » : 978-2-84954-117-3

 

PRIX: 10 euros

Pour commander « Le chant des sirènes »,  « Secret poème » et/ou la revue de poésie « La Voix des Autres» , merci de cliquer ICI


 

 



 


 


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