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«Cratère du ciel /Crater del cielo», por Cristina Castello

Publié le par Cristina Castello

   
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« Cratère du ciel »

 Cristina Castello


Le monde est un pays de morts

Qui marchent vers leurs funérailles

Les visages des gens sont des suaires

Avec des yeux rouillés et des rêves à genoux.

Stries de soleil, rosée évaporée,

Ce sont les enfants que l’Empire effeuille vers la mort

Toutes les cinq secondes, toutes les cinq secondes

Dans tous les feuillages de tous les confins.

 

Le capitalisme est un poulpe affamé de pleurs hérissés

C’est un cratère du ciel assassin de moineaux

 

Il m’ébranle cet outrage de lis déflorés

Qui ameutent mon âme et défient le Suprême

Mais les dieux anthropophages n’entendent point

Et ma soif interpelle les miracles

Et l’arcane répond par d’autres crimes

Et les anges gardiens se soumettent au système

 

Mais viendront les Purs de la planète

Pour démolir les olympes de cruauté,

Pour inventer des villes sans échafauds,

Pour vider les bibliothèques de leurs livres

Et lire Bachelard, Zola, John Donne

À San Telmo, sur le Pont Neuf ou à Beyrouth

Ils viendront délivrer les musées de leurs grilles

Pour que La Liberté guidant le peuple fonde l’équité

Et que le cri de Guernica extirpe l’horreur.

Ils viendront multiplier les pains et l’amour

Pour donner à manger à l’affamé

Pour donner à boire à l’assoiffé de lumière

Pour inventer des frontières sans plafond,

Pour que Noirs, Blancs, Jaunes, Métis

S’ébaudissent sur la lande comme des argiles abreuvées

Et dansent au rythme d’une boîte à musique

 

C’est ainsi, rien qu’ainsi, que le monde sera un pays d’innocents

Et que s’ouvrira enfin, couvrant l’Infini

Un bouquet d’arpèges pour tatouer l’avenir.

 

Traduction de l’espagnol (Argentine) : Pedro Vianna

en harmonie avec l’auteure

 

10 décembre 2006

In Orage /Tempestad


 

  «Crater del cielo»     

 Cristina Castello 

El mundo es un país de muertos

Que caminan hacia su funeral

Las caras de las gentes son sudarios

Con ojos herrumbrados y sueños de rodillas

Estrías de sol, rocío evaporado

Son los niños que el Imperio deshoja hacia la muerte

Cada cinco segundos, cada cinco segundos

En todos los follajes de todos los confines.

 

El capitalismo es un pulpo famélico de llantos erizados

Es un crater del cielo que asesina gorriones

 

Me estremece un ultraje de lirios desflorados

Que amotinan mi alma y desafían al Supremo

Pero los dioses antropófagos no escuchan

Y mi sed interroga los milagros

Y el arcano responde con más crímenes

Y los ángeles de la guarda se rinden al sistema

 

Pero vendrán los puros del planeta

A demoler los olimpos de crueldad

A inventar ciudades sin cadalsos

A desnudar de libros las bibliotecas

Para leer a Bachelard, a Zola, a John Donne

En San Telmo, en el Pont Neuf o en Beirut

Vendrán a desatar los museos de sus rejas

Para que La libertad guiando al pueblo funde la equidad

Y el grito del Guernica extirpe el horror

Vendrán a multiplicar panes y amor

Para dar de comer al hambriento

Para dar de beber al sediento de luz

Para inventar fronteras sin techos,

Y que negros blancos amarillos pardos

Retocen como arcillas saciadas en los páramos

Y bailen al ritmo de una caja musical

Así, sólo así, el mundo será un país de inocentes

Y se abrirá por fin, cubriendo el Infinito,

Un bouquet de arpegios que tatuará el porvenir.

 

10 de diciembre de 2006

En Orage/Tempestad                

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