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«Brume/Bruma» (in « Orage »)- Cristina Castello

Publié le par Cristina Castello


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« Brume »

 

Cristina Castello

La planète est une fillette outragée

Avec des jours sans poupées et des yeux sans pupilles

Son balluchon attend sur quelque quai de gare

À côté de millions de douleurs sans écho

Un train qui mettra au tombeau son cœur sans gants.

 

Un bourgeon effeuillé sur ma poitrine, c’est le monde

Trou de pierre, brèche de vide

Tous les calices convergent vers mon sang

Je suis une fontaine en position d’offrande

Mais la blessure traverse la bouche du poème

L’abandon défie le ciel

Et secoue l’âme de la terre.

Ou alors, Dieu serait-il mort ?

Abandonnés, tous

Abandonnée.

 

Pourquoi mes yeux regardent-ils les êtres en dedans ?

Et pourquoi l’en-dedans des êtres regarde-t-il mes yeux ?

Nul ne répond sauf l’Absolu.

Cristal et acier je suis, mais tous voient l’épée

Et nul n’imagine mes cristaux en éclats.

 

Je résisterai en armure de poésie

Je résisterai accrochée au murmure des astres

Je résisterai juchée au sommet d’un brin d’herbe

Attachée à cette lune de neige navigante des brumes

Qui me regarde depuis la ramure de l’arbre qui la berce.

Je puis encore ouvrir les mains pour mes Autres

 

Je ne mourrai pas sans voir que dans le balluchon le Christ chante

Je ne mourrai pas sans que la boussole présage une épiphanie.

Traduit de l’espagnol (Argentine)

par Pedro Vianna

Publié en « Orage » de Cristina Castello- Paris octobre 2009

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«Bruma»

Cristina Castello

El planeta es una niña ultrajada

Con días sin muñecas y ojos sin pupilas

Su valijita espera en un andén cualquiera

Junto a millones de dolores sin eco

Un tren que portará a la tumba su corazón sin guantes.

 

Un brote deshojado en mi pecho es el mundo

Agujero de piedra, brecha de vacío

Todos los cálices convergen en mi sangre

Soy una fuente en actitud de entrega

Pero la herida atraviesa la boca del poema

El desamparo reta al cielo

Y sacude el alma de la tierra.

¿O acaso Dios ha muerto?

Desamparados todos

Desamparada

 

¿Por qué mis ojos miran los adentros

¿Y por qué a mis ojos los miran los adentros?

Nadie responde sino el Absoluto.

Cristal y acero soy pero todos ven la espada

Y nadie imagina mi astilla de cristales.

 

Resistiré blindada en poesía

Resistiré asida al murmullo de los astros

Resistiré encaramada en la cima de una hierba

Prendida a esta luna de nieve navegante de brumas

Que me mira desde el follaje del árbol que la mece.

 

Todavía puedo abrir las manos a mis otros

No moriré sin ver que Cristo tañe en la valijita

No moriré sin que la brújula presagie una epifanía.

Poema del libro «Orage/Tempestad» de Cristina Castello

publicado en París en octubre 2009

 

 

 

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